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Risques Internationaux : une méthodologie originale

La lettre confidentielle «Risques Internationaux» (22 numéros par an), ses dossiers et ses fiches de risque, sont les principaux instruments d’information, d’analyse et de prévision des publications de Nord Sud Expert. Ils répondent au même objectif majeur, celui de cerner et d’évaluer, le plus tôt possible, du point de vue des entreprises, les risques et les chances des marchés émergents, en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie, en Amérique latineet dans les pays de l'Est où une centaine de pays sont suivis de façon régulière.

Ces publications sont conçues pour se compléter mutuellement et constituent un système homogène de veille, d’anticipation et d’alerte. Globalement, elles traitent deux grandes catégories de phénomènes susceptibles d’influer sur l’action des entreprises:

  • Veille et alerte sur les facteurs qui conditionnent l’activité internationale des entreprises : interdépendances stratégiques entre grandes ou moyennes puissances et zones émergentes, intensité des conflits observés ou prévisibles, rapports de force commerciaux, tendance des marchés mondiaux ou régionaux, évolution des financements internationaux, signes annonciateurs des crises financières et effets de contagion possibles, changement des taux de change et/ ou des moyens de paiement, convertibilité des monnaies, évaluation des prix des produits de base ou des produits manufacturés, modification éventuelle de la législation des pays du Nord à l’égard de leurs partenaires du Sud, rôle des instances internationales, qu’il s’agisse de l’OMC, de l’OCDE, du FMI ou de la Banque mondiale, etc.
  • Veille et alerte sur les pays eux-mêmes, leur solvabilité, leur stabilité politique, ethnique et sociale, sur l’évolution de leur cadre juridique ou de leur climat des affaires, sur la fiabilité et la compétence de leurs institutions, sur les risques de non-paiement ou de rupture abusive des contrats, sur les turbulences à prévoir, l’insécurité ou la valse des décideurs dans les rangs du pouvoir…

Dans les deux cas, on a constaté, au cours des dernières années, une montée en puissance des risques et des incertitudes liées à la volatilité des marchés, à la mondialisation et à l’accélération des phénomènes d’interdépendance. La veille stratégique devient une nécessité pour toutes les entreprises, dans la mesure où elle revient à traquer les conjonctions pouvant affecter profondément leurs activités, au même titre que les réformes qui leur offrent de nouvelles opportunités.

Le risque-pays classique, «risque souverain», a lui-même considérablement évolué. La frontière entre risques commerciaux et risques politiques s’atténue, en effet, lorsque les premiers deviennent, dans le cadre d’une crise systémique par exemple, un véritable danger pour l’Etat lui-même. Les privatisations de services publics transposent des risques anciennement publics en risques privés, mais n’évitent pas, in fine, dans les cas les plus graves, l’intervention de la puissance publique ou des organisations publiques internationales…

Traitement de l’information et détection des signes de rupture

L’équipe et le réseau des correspondants de Risques Internationaux traitent l’information sur les pays suivis en cinq grandes étapes:

  • Une recherche d’information sans exclusive, pluridisciplinaire et puisée aux sources les plus variées: banques de données, internet, articles de presse, dépêches d’agences, réseau local des correspondants, témoignages, renseignements confidentiels… Une remarque s’impose, à ce stade: ce n’est pas sa confidentialité qui fait la valeur d’une information mais plutôt sa pertinence en matière d’anticipation, qu’il s’agisse d’une donnée dite «blanche» ou «grise»…
  • Un croisement systématique des informations permettant de tester leur fiabilité respective; une première sélection s’opère sur cette base.
  • Une analyse pluridisciplinaire et multidimentionnelle des informations retenues. L’objectif est à ce stade de délimiter le champ des probabilités. Deux grands cas de figure peuvent se présenter : soit une convergence des données autour d’un scénario privilégiant la continuité (ce qui autorise certaines extrapolations des tendances passées); soit la découverte d’anomalies, de certaines incohérences, entre les données traitées, qui sont autant de «signaux faibles» et font pressentir la probabilité d’une rupture de tendance à plus ou moins brève échéance
  • Un retour à l’investigation, aussi bien sur le terrain (rôle du réseau) que des autres sources disponibles. Désormais, l’équipe sait ce qu’elle recherche et peut donc mener un véritable travail d’enquête sur les points les plus troublants. C’est à ce niveau que la découverte d’informations confidentielles prend toute sa valeur.
  • Si cette investigation débouche sur une forte probabilité de crise, déclenchement, à travers tous les instruments de Risques Internationaux, de messages d’alerte circonstanciés. L’objectif n’est pas de susciter un réflexe de peur mais plutôt d’indiquer les éléments à surveiller, en priorité, dans une situation de pré-crise probable, et cela le plus tôt possible, afin que les dispositions de riposte puissent être mises en œuvre à temps.

L’évaluation des risques, sur la base d’une centaine de critères

La méthode retenue par Risques Internationaux pour évaluer les risque-pays privilégie les critères les plus rigoureux, soit directement quantifiables (les critères économiques, pour l’essentiel), soit notés sur la base d’une même grille d’appréciation (critères politiques ou d’environnement des affaires). Contrairement à nombre d’autres classements réalisés par des instituts ou des publications anglo-saxonnes, il ne s’agit pas d’un sondage réalisé sur la base de l’interrogation d’un panel d’experts.

Dans un univers incertain mais où, curieusement, les prévisions tendent à devenir de plus en plus «moutonnières» (qu’elles émanent des institutions internationales ou des grandes agences de notation), quitte à subir après coup des démentis flagrants, les publications Risques Internationaux abordent le domaine du risque-pays dans un souci de grande indépendance et de prudence à l’égard des engouements ou des modes à court terme. Avec l’objectif permanent d’être opérationnelles pour les entreprises.