SAVOIR, PRÉVOIR, ANTICIPER
Au Moyen-Orient, en Afrique,  Asie, Amérique latine

et dans les pays de l'Est
Accès
Abonnés

février 2014 

 

 

Rubrique opportunité

 

La croissance rapide de l'énergie éolienne

 

 

Il y a des secteurs économiques qui ne connaissent pas la crise. C’est le cas pour les producteurs d’éoliennes. Ces derniers en sont à se plaindre d'une croissance 2013 "ralentie", puisqu'elle n'a atteint que 12,5 % sur l'année. Mais le développement mondial du secteur a été absolument fulgurant, passant de 6 100 MW en 1996 à 318 135 MW de capacité installée à l’échelle mondiale en 2013. En 17 ans, la capacité a été multipliée par 52.

 

Selon le Global Wind Energy Council (GWEC), l'accélération a été légèrement moins rapide en 2013 (10 gigawatts d’accroissement annuel de moins que les années précédentes) du fait du retard de l’exécution des projets aux États-Unis. Mais les perspectives s’annoncent beaucoup plus favorables pour 2014.

 

La croissance du secteur s’est d'ailleurs poursuivie, en 2013, grâce à l’accélération du développement de l'éolien en Asie. L’accroissement des capacités y a été de 15,6 %, permettant d’atteindre une capacité de 115 939 MW dont la plus grosse partie se trouve en Chine (91 424 MW), pays où, précisément, on a enregistré le plus grand nombre de constructions de centrales.

 

L’Europe a connu une croissance de l’ordre de 10 % qui lui permet, avec une capacité totale de 121 471 MW, de demeurer le continent leader en matière d’énergie éolienne. A elle seule, l’Allemagne représente le quart de toute la puissance installée (34 250 MW) suivie par l’Espagne (22 959 MW), le Royaume Uni (10 531 MW), l’Italie (8 552 MW) et la France (8 254 MW).

 

En revanche, la croissance a été plus lente en Amérique du Nord, avec une progression de seulement 4,6 % de la puissance installée, qui est encore deux fois inférieure à celle de l’Europe ou de l’Asie avec un total de 61 091 MW seulement.

 

La progression a été, en revanche, très rapide sur deux autres continents dont les capacités sont encore modestes. L’Amérique Latine et les Caraïbes ont vu leur potentiel passer à 4 709 MW (+ 33 %) grâce à l’entrée en services de nouvelles centrales au Brésil qui, à lui seul, représente les deux tiers de la capacité installée dans cette zone géographique. En Océanie, où le leader incontesté est l’Australie, la capacité a progressé de 16,9 % l’an dernier pour atteindre 3 879 MW. Enfin, l’Afrique a connu une progression assez modeste (+ 7,1 %) jusqu’à 1 255 MW, dont un peu moins de la moitié (550 MW) se trouve en Égypte.

 

Selon le secrétaire général du GWEC, Steve Sawyer, il y a lieu d’être optimiste pour 2014. Aux États-Unis, plus de 12 000 MW sont en construction, ce qui constitue un record. En Chine, le gouvernement s’est fixé un objectif de production de 200 GW d’énergie éolienne pour 2020.

 

Le parc va plus que doubler en cinq ans. L’Inde qui dispose déjà d’une belle capacité de 20 150 MW s’est donné une nouvelle "mission éolienne". Selon le GWEC, la réforme du secteur de l’électricité au Mexique va embraser le marché dans les années à venir. L’Afrique qui en est encore à ses balbutiements, devrait décoller avec de nouveaux projets en Afrique du Sud, en Égypte, au Maroc, en Éthiopie, au Kenya et en Tanzanie.

 

En définitive, le GWEC s’attend à ce que la nouvelle capacité installée en 2014 soit du même ordre que celle de 2012 (45 000 MW) voire supérieure.

François Misser