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15 octobre 2012

Appréciation des risques

 

 

Les Philippines

Dans le trio de tête des risques de catastrophe

 

 

Avec les petits États du Pacifique que sont Vanuatu et Tonga, les Philippines figurent dans le trio de tête des pays qui risquent de pâtir le plus d’une catastrophe naturelle, selon le « World Risk Report 2012 » que vient de publier la coalition d’ONG Alliance Development Network, (Brot für die Welt, Welthunger Hilfe, Terre des hommes, Medico Internacional et Misereor) en collaboration avec l’United Nations Université et the Nature Conservancy.

  

L’indice combine l’exposition au risque et la vulnérabilité. Car certains États comme les Pays Bas, très exposés avec une grande partie du territoire en dessous du niveau de la mer, ont cependant développé des moyens importants de limitation de ces risques.

 

Cela donne donc des classements différents. Ainsi, les trois pays considérés sont à la fois ceux qui connaissent le risque le plus élevé mais aussi ceux qui sont les plus exposés. Dans la liste des pays les plus exposés on trouve sans surprise, dans le même ordre les trois pays insulaires, devant le Japon, le Costa Rica, Brunei et Maurice.

 

En revanche, la liste des pays les plus vulnérables, donc les moins à même de faire face à une catastrophe et, au cas où elle survient, de subir les plus grands dommages (état des routes, du système des communications, des télécommunications, des hôpitaux, des services de protection civile, état sanitaire de la population, etc…) fait apparaître en tête l’Erythrée, suivie du Tchad, du Niger, de l’Afghanistan, Haïti, de la Sierra Leone, du Liberia, du Mozambique et de la Guinée.

 

Le rapport met aussi en évidence le fait que la préservation des écosystèmes est un facteur important de réduction du risque de catastrophe. Les forêts, les barrières de corail, les mangroves et les algues peuvent agir comme des boucliers de protection. Au contraire, la dégradation de l’environnement peut accroître le risque. C’est le cas du bassin du Mississipi où la capacité de stockage de l’eau par les sols a diminué de 80 % après la destruction de marécages. La catastrophe nucléaire de Fukushima du 11 mars 2011 est l’exemple d’un accident industriel venu aggraver les conséquences d’un tremblement de terre et d’un tsunami, en raison de précautions insuffisantes dans l’installation de la centrale.

 

Qu’on le veuille ou non, le risque augmente. Selon le rapport, la part du PIB mondial exposé chaque année aux cyclones a augmenté de 3,6 % à 4,3 % au cours de la première décennie des années 2000. Les habitants côtiers ont été particulièrement affectés : 30 % à 50 % des mangroves et marécages côtiers et près de 30 % des récifs de corail ont été perdus, note le rapport. Or, les barrières de corail atténuent 85 % de l’énergie des vagues.

 

Les auteurs du rapport constatent que les solutions « vertes » de réduction des dangers pour les côtes, passant par la conservation ou la restauration des écosystèmes naturels côtiers sont préférables aux solutions dites « grises » plus coûteuses en termes de coût de maintenance. Mais elles ne constituent pas la panacée. La protection à 100 % n’existe pas. Un autre problème est que la protection d’une barrière n’arrête pas une menace, elle la dévie…

 

Le rapport établit également une connexion entre les accaparements de terre et les catastrophes naturelles citant le cas de l’Amérique centrale où 11 000 personnes ont été tuées par l’ouragan Mitchell en 1998. Au Nicaragua, beaucoup de paysans ont été tués par les glissements de terre provoqués par l’ouragan, sur les pentes du volcan Casita, où ils avaient dû se réinstaller après avoir dû évacuer les plaines fertiles dédiées à la culture du coton, dont ils avaient été chassés après avoir été expropriés.

 

Au Vietnam, qui figure parmi les cinq pays du monde les plus affectés par le changement climatique selon un classement fait par la Banque mondiale en 2011, l’intensité et la fréquence des typhons augmentent. Dans la province côtière de Thai Binh, traversée par quatre rivières, située à deux mètres à peine au dessus du niveau de la mer, l’eau salée pénètre jusqu’à 20 km à l’intérieur des terres

 

Le rapport fait quand même état de bonnes pratiques. Il cite l’expérience de l’ONG allemande Welthungerhilfe qui, avec trois organisations locales, mène des activités de conservation de l’eau et des sols au Burkina Faso. Ce programme bénéficie à 1,3 million d’habitants dans les quatre provinces de Bam, Sanmatenga, Ganzourgou et Oubritenga. Ces activités comprennent des techniques de lutte anti-érosive, comme la construction de murets et de petits barrages d’irrigation ainsi que la culture de plantes résistant à la sécheresse comme le jatropha curcas. Du coup, la vulnérabilité à la sécheresse est en train de diminuer dans la zone.

 

La lecture du rapport fait, enfin, apparaître un risque élevé pour certains pays de l’OCDE comme le Japon (16ème) et le Chili (18ème) en raison de leur exposition élevée aux menaces sismiques, malgré des degrés de vulnérabilité peu élevés et des capacités de réponse élevées.