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Octobre 2013 

 

 

Rubrique opportunité

 

 

Vous pensez à l'eau ? Pensez BEI

 

 

Lors d’un récent séminaire, organisé par la Banque Européenne d'Investissement, notre correspondant à Bruxelles a appris que le secteur de l’eau, dans les pays émergents comme à l’intérieur de l’Union européenne, fait l’objet d'interventions majeures de la part de la BEI. Elle est aujourd’hui, le premier bailleur dans le domaine de l’eau.

 

De 2008 à 2012, elle a accordé en effet € 17 mds de prêts à ce secteur, à l’échelle mondiale. Le montant englobe les projets d’irrigation, d’adduction et d’assainissement. Sur ce total, 89 % ont été réalisés au sein de l’UE. Et, donc, 1,87 mds ont été dépensés en dehors de l’Union.

 

La liste des projets récents comprend un financement de 10 mns € pour l’approvisionnement d’eau potable de Ceadir-Lunga, de Floresti et de trois autres villes moldaves ainsi que des villages voisins.  En Russie, la BEI a cofinancé à hauteur de 25 mns € une station d’épuration au sud-est de Saint-Pétersbourg, d’une capacité de 330 000 m3/jour, qui traite les eaux usées d’un demi-million de personnes.

 

En Jordanie, la BEI a approuvé des prêts de 180 mns € dans la cadre du projet d’aqueduc de 325 km de long qui achemine 100 mns de mètres cubes de l’eau de la nappe aquifère de Disi, située en plein désert, jusqu’à Amann, dans le cadre d’un partenariat public privé d’un coût total de 810 mns. Une fois la nappe épuisée (la durée de la concession est de 25 ans), l’aqueduc ne sera pas transformé en éléphant blanc : il servira à transporter de l’eau dessalée provenant de la Mer Rouge.  

 

Au Maroc, la BEI a accordé un prêt de 40 mns € pour l’assainissement du bassin de Sébou, afin de mettre fin à une pollution alarmante. Dans le pays, moins de 5 % des effluents collectés sont traités avant leur rejet dans le milieu naturel. Dans ce bassin qui, à lui seul, abrite plus de 20 % de la population, sont concentrées un grand nombre d’énergies polluantes. On espère que le projet, entamé en 2010, permettra de réduire les risques sanitaires liés à la pollution des nappes phréatiques et à la réutilisation des eaux usées non traitées.

 

Au Mozambique, la BEI a consenti cette année un prêt de 31 mns € pour un meilleur approvisionnement en eau potable des quartiers défavorisés de Maputo, donnant accès pour la première fois à 500 000 personnes.  

 

Toujours en Afrique, la BEI a accordé trois prêts pour moderniser le réseau d’approvisionnement de la province du KwaZulu-Natal et l’élargissement des services de distribution en eau aux 5,5 millions d’habitants de la ville de Durban et de régions rurales voisines. Un prêt de 35 mns € à Umgeni Water va servir à accroître la capacité de traitement, de stockage et de distribution. Cette intervention complète un prêt de 50 mns pour financer la modernisation et l’extension des infrastructures de l’agglomération d’eThikwini, près de Durban. Enfin, un prêt de 80 mns € a été alloué pour construire un barrage sur la rivière Mooi et un réseau d’adduction qui fournira 60 mns de mètres cubes par an et couvrira les besoins en eau de la région d’ici 2025.

 

Au Burkina Faso, la BEI a financé à hauteur de 18,5 mns € l’extension des services de distribution de Ouagadougou qui a permis à 700 000 personnes de bénéficier d’une meilleure distribution en eau, à un prix cinq fois moins élevé que celui pratiqué par les revendeurs 

 

La BEI s’engage aussi dans la lutte pour accroître la résistance aux phénomènes climatiques en Afrique orientale. Elle prépare un projet destiné aux pays du bassin du Lac Victoria (Burundi, Kenya, Ouganda, Rwanda et Tanzanie, en collaboration avec ONU-Habitat). La Banque contribue déjà au financement des travaux d’approvisionnement en eau et d’assainissement à Kampala (Ouganda). D’autres investissements sont prévus à Mwanza (Tanzanie) et Kisumu (Kenya).

 

Autre intervention-pilote, l’appui de la BEI à l’approvisionnement en eau potable de 723 000 personnes demeurant dans les quartiers péri-urbains et à l’assainissement des eaux usées d’une population de 468 000 personnes, autour des villes de Blantyre et Lilongwe, au Malawi, à travers un prêt de 15,75 mns €.

 

A l'Ouest du continent, au Ghana, la BEI envisage de s’attaquer maintenant aux villes secondaires, dans les domaines de l’eau potable et de l’assainissement.

 

Les représentants de trois pays africains à forte population assistaient au séminaire de la BEI : le Nigeria, l’Éthiopie et Madagascar. Peut-être, davantage d’opportunités à l’horizon. Le moment est propice : en effet depuis la mi-juin, les pourparlers ont commencé entre la Commission européenne et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique pour définir les secteurs de concentration des enveloppes pays et régions du 11ème Fonds Européen de Développement, pourvu de 31,58 milliards € pour la période 2014-2020 (DOM-TOM compris).