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janvier 2014 

 

 

RUSSIE-UE

 

 Accord "historique" sur les normes communes

 

 

Occulté par d’autres sujets - Ukraine, question des droits de l’homme, JO d’hiver de Sotchi - l’accord conclu en décembre 2013 entre l’Union européenne et la Russie n’en est pas moins important.

 

Il lève une entrave importante au commerce bilatéral, au point qu’enthousiastes, les services du Commissaire européen à l’Industrie, Antonio Tajani, parle d'un "accord historique". Comme le rappelle la Commission, "si les divergences de normes sont frustrantes pour les consommateurs et les entreprises, elles peuvent causer encore plus de problèmes lorsqu’elles s’appliquent à une plus grande échelle. Des entreprises et même des industries entières pourraient être incapables de vendre leurs produits  à l’étranger en raison des divergences entre les normes nationales et internationales".  

 

Cet accord s’ajoute à la mise en place d’une banque de données en ligne sur les normes européennes et chinoises ainsi que des services d’assistance et de conseil sur les droits de propriété intellectuelle en Asie et en Amérique du Sud.

(http://ec.europa.eu/enterprise/magazine/articles/mission-growth-international-issues/article_11086_fr.htm),

(http://ec.europa.eu/enterprise/magazine/articles/mission-growth-international-issues/article_11092_fr.htm).  

 

Pour Tajani, cet accord avec la Russie, qui va contribuer à accroître les opportunités d’investissements, constitue "un grand pas en avant pour éliminer les obstacles techniques au commerce et améliorer les échanges économiques, scientifiques et techniques. En conséquence, les coûts de mise en conformité des entreprises seront réduits et les économies d’échelle libéreront un nouveau potentiel".

 

L’accord est également important en raison de la taille des marchés concernés : la Russie est le troisième partenaire commercial de l’UE, après les États-Unis et la Chine. Elle a représenté, en 2012, un marché à l’exportation de 123 milliards d’euros pour les 27 États membres, Allemagne en tête et de loin (37,9 mds), suivie par l’Italie (10 mds) et la France (9,1 mds).  A 85 %, les ventes européennes consistent en produits manufacturés. C’est aussi le premier fournisseur énergétique de l’Europe : les importations de l’UE en provenance de Russie comprennent principalement des hydrocarbures (163 mds d’euros sur 183 mds).

 

Très largement déficitaire en ce qui concerne les exportations de biens, avec un solde négatif de près de 89 mds d’euros, l’UE est en revanche en excédent en ce qui concerne le commerce des services, réalisant en 2012 un excédent de plus 15 mds, grâce à des exportations de 28,5 mds et des importations de 13 mds. Les principaux services exportés par l’UE concernent le secteur des voyages (9,9 mds), les transports (6,2 mds), les services d’informatique et d’information (2,1 mds) et les services financiers (1,5 md).

 

Selon Antonio Tajani, cet accord entre la Russie et l’UE encouragera la collaboration entre les deux organismes européens de normalisation, le CEN et le CENELEC, et l’organisme de normalisation russe, le ROSSTANDART. L’accord permettra au ROSSTANDART d’accéder au statut d’observateur permanent au sein du CEN et du CENELE. L’espoir est qu’il encourage la Russie à adopter des normes européennes en tant que normes nationales, ce qui devrait doper la coopération entre les deux partenaires.