SAVOIR, PRÉVOIR, ANTICIPER
Au Moyen-Orient, en Afrique,  Asie, Amérique latine

et dans les pays de l'Est
Accès
Abonnés

avril 2013 

 

 

VENEZUELA

 

 

Maduro déjà atteint par l'usure du pouvoir

 

 

 

Le panorama est confus depuis le début de l’année car la précipitation des évènements politiques a complètement fait passer au second plan les mesures macroéconomiques mises en place de toute urgence par Maduro, en tant que vice-président. On peut les énumérer, mais leurs effets sont peu visibles pour le moment.

 

Côté colombien, l’impact de la crise vénézuélienne est durement ressenti car le commerce frontalier est perturbé par la dévaluation du bolivar et la réévaluation automatique du peso, dans le contexte des exportations croissantes des secteurs miniers et pétrolier colombiens. Pourtant, peu de commentaires régionaux ont suivi l'élection de Maduro

 

La journée postélectorale du mardi 16 avril a été marquée par l’émergence d’une épreuve de force. De violents affrontements entre les partisans du président élu Nicolas Maduro (50,75%) et ceux de son opposant Henrique Capriles (48,98%), qui met en doute la légitimité des résultats officiels, se sont soldés par 7 morts et une soixantaine de blessés.

 

Cette situation est extrêmement floue et ne permet pas d'évaluer, pour le moment, l’impact des mesures économiques mises depuis le mois de février par Nicolas Maduro, durant les dernières semaines de vie du président Hugo Chavez (1999-2013).

 

Les Etats-Unis et l’OEA sont les seuls voix qui s’élèvent pour appuyer la demande de recomptage des votes réclamé, depuis le scrutin de dimanche et ses résultats, par le candidat perdant, Henrique Capriles.

 

Dans ce contexte, les obligations d’Etat (2027) ont chuté de 1,925 points à 98,638, avec un taux de 9,423% tandis que les obligations (2022) ont perdu 1,139 points à 116,5 avec un taux de 9,797. Le coût de l’assurance de la dette vénézuélienne contre une cessation de paiement a monté de 42 points de base à 741 points de base.

 

Les milieux d’affaires perçoivent négativement le Venezuela qui cumule une instabilité politique dont on ne sait pas comment elle va évoluer – la prise de fonction de Nicolas Maduro étant prévue pour ce vendredi 19 avril - avec une économie reposant sur des réserves de pétrole géantes, parmi les plus importantes au monde.

 

Maduro tente, certes, de relancer l'appareil productif vénézuélien. Après la dévaluation officielle de 31,7% du bolivar (la monnaie nationale) face au dollar américain, le 8 février dernier, il a laissé une dévaluation rampante s'installer dans le pays, avec le risque d'entrainer une accélération de l’inflation. L'installation d’un nouveau système de change, le SICAD, qui remplace le SITME, devrait en principe tenter de lutter contre le marché noir des devises. Mais le plus dur est de ramener la confiance.

 

Ces bouleversements politiques et macroéconomiques surviennent dans le contexte de l’entrée du Venezuela dans le MERCOSUR, depuis les 1er janvier de cette année, un événement passé inaperçu du fait de l'aggravation du cancer de Hugo Chavez, mais qui pourrait, à terme, changer la donne économique.