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Mis à jour le 28 janvier 2013 

 

 

BRESIL

 

 

Plus attractif que la Chine pour les Européens

 

 

 

Le Brésil et l’Union européenne ont tenu leur 6ème sommet le 24 janvier 2013 à Brasilia. Les deux parties ont été représentées au plus haut niveau par les présidents de la Commision européenne, José Manuel Durrão Barroso et du Conseil de l’UE, Herman Van Rompuy, par la présidente Dilma Roussef, flanquée du ministre des Affaires étrangères, Antonio Patriota et de plusieurs de ses collègues. José Manuel Durrão Barroso a profité de cette occasion pour tenter de faire progresser les négociations entre l'UE et le MERCOSUR (cf. l'article UE/Mercosur sur ce même site de RI).

 

Le partenariat stratégique euro-brésilien inauguré en 2007 couvre une trentaine de sujets : paix et sécurité internationale, en ce compris le désarmement et la non-prolifération, la situation internationale financière et économique, la relation au sein du G-20, le commerce internationale et l’agenda de Doha pour le développement, le changement climatique et les questions énergétiques, ainsi que les négociations en cours pour un accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur. Des échanges de vue étaient aussi prévus sur les situations au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Afrique Occidentale.

 

De surcroît, les dirigeants européens et brésiliens ont passé en revue la coopération bilatérale dans les domaines de la science, de la technologie, de l’innovation, de l’éducation et des droits de l’homme. La signature d’un protocole d’accord entre le "Centre de recherche commun" qui dépend de la Commission européenne et le ministère brésilien de la Science, de la Technologie et de l’Innovation était programmée. Elle prévoit l’accueil, par le Centre européen, de 100 chercheurs brésiliens dans le cadre du programme brésilien "Science sans frontières". Les domaines couverts par la coopération scientifique bilatérale sont les technologies de la communication, l’alimentation, l’agriculture et la pêche, la biotechnologie, les transports et la santé.

 

Selon les services de la Commission européenne, les flux commerciaux bilatéraux ont augmenté dans les deux sens malgré la crise. L’UE demeure le premier partenaire commercial du Brésil avec 22,2 % du volume des échanges de ce pays avec le reste du monde en 2010. Le Brésil est le 8ème partenaire commercial de l’UE, à égalité avec la Corée du Sud et l’Inde, et ses échanges avec l’UE représentent 2% de l’ensemble des échanges de cette dernière.

 

Selon l’office statistique de l’UE Eurostat, au cours des neuf premiers mois de 2012, les exportations européennes au Brésil ont augmenté par rapport aux chiffres de 2011 à la même période. En revanche, durant ces neuf mois, les importations ont chuté, permettant à l’UE de réaliser un léger excédent depuis 2000.

 

En 2011, le commerce bilatéral des biens et des services entre l’UE et le Brésil avaient augmenté substantiellement. Les exportations de l’UE s’étaient élevés à 35,7 mds € tandis que les importations (en hausse de 17%) avaient atteint 38,9 mds €. Plus de 85 % des exportations de l’UE vers le Brésil consistent en biens manufacturés, équipements, véhicules et produits chimiques. A noter qu’en outre, l’UE a exporté pour 11,5 mds de services tandis que ses importations de services se sont montées à 7,5 mds.

 

Premier marché du Brésil, l’UE a continué à importer des matières premières, des produits vivriers et des boissons. Quelque 70% des importations de l’UE comprennent des produits tels que du soja, des tourteaux d’oléagineux, du minerai de fer, du café et du pétrole brut.

 

L’UE n’est pas seulement le premier fournisseur et le premier client du Brésil. Elle est aussi la première source d’investissement directs étrangers, avec 40 % du total qui avait atteint 238 milliards € en 2011, soit plus du double du stock de tous les IDE européens en Chine. En 2011, les flux d’investissements vers le Brésil ont totalisé 27,5 mds € tandis que ceux du Brésil vers l’UE atteignaient 3 mds €.

 

Un accord bilatéral de sécurité aérienne signé en 2010, doit encore entrer en vigueur. Il est aussi question de le compléter par un "open-skies agreement" ratifié en mars 2011 et qui, lorsqu’il sera signé, ouvrira les marches, créera de nouvelles opportunités d’investissements et doit permettre d’améliorer l’environnement commercial et opérationnel pour les transporteurs aériens. Un autre accord de coopération entre le Brésil et Euratom, sur la recherche en matière de fusion nucléaire, signé en 2009 à Brasilia, doit encore entrer en vigueur.

 

A noter aussi l’existence d’un petit montant d’aide européenne de 61 mns € pour la période 2007-2013, visant à promouvoir la dimension environnementale du développement durable. L’UE souhaiterait avoir plus de chances qu’avec la Chine dans ses discussions avec Brasilia sur la coopération triangulaire dans les pays en développement, et en particulier les pays lusophones d’Afrique et Timor-Leste, dans les domaines de l’énergie, de la santé, de l’agriculture, de la justice et de la réforme du secteur e la sécurité.