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28 janvier 2013 

 

 

UE MERCOSUR

  

Au-delà du commerce et des investissements

 

 

S’adressant aux participants du sommet des entreprises organisé en marge du sommet entre l’Union européenne et la Communauté des États d’Amérique Latine et des Caraïbes (CELAC), le 26 janvier dernier, à Santiago du Chili, le président de la Commission européenne, José Manuel Durrão Barroso s’est évertué à plaider pour une avancée dans les négociations pour un accord commercial avec le Mercosur. Mais au-delà des questions économiques, c'est la convergence sur les grands dossiers de la politique internationale qui est aussi visée.

 

Le président de l’exécutif européen a rappelé l’interdépendance entre les deux continents, soulignant que l’Europe était le deuxième partenaire commercial d’Amérique Latine et la première source d’investissement direct étranger (IDE), avec un stock de 395 mds €, représentant quelque 40 % du portefeuille étranger total de l'UE. Un tel volume d’investissements est supérieur à celui des investissements européens en Russie, en Chine et en Inde, a ajouté Barroso

 

Comme lors des récents pourparlers avec le Brésil (cf. l'article "Brésil, plus attractif que la Chine", sur ce même site de RI), il exhorte aussi les États membres de l'UE, hors de la péninsule ibérique, à prendre en compte ce facteur important. Si tel est le cas, analyse Barroso, c’est en raison de la taille du potentiel latino-américain, que les Européens ont assez bien exploité.

 

Les investissements européens sont en effet très diversifiés, depuis les secteurs comptant sur une présence traditionnelle comme le tourisme et le commerce jusqu’aux nouveaux secteurs d’expansion tels la construction, la logistique et les finances. Une proportion significative des investissements va également aux secteurs stratégiques comme l’électricité ou les secteurs de technologie de pointe. Ils constituent un moyen puissant pour développer les transferts de technologie.

 

C’est même une spécialité européenne. Près des deux tiers des investissements en recherche et en développement en Amérique Latine et aux Caraïbes proviennent de l’UE. Et la moitié de tous les investissements dans de nouvelles usines, en 2010, ont été réalisés par des firmes européennes, poursuit le patron de la Commission. Au passage, il a encore rappelé que la Banque européenne d’investissement (BEI) aura mis à disposition de l’économie latino-américaine quelque 2,8 milliards € durant la période 2007-2013, dont une bonne partie dans des projets d’énergie renouvelable.

 

Mais avertit Barroso, « pour que le niveau et la qualité des investissements se maintiennent, il est fondamental de garantir un cadre juridique transparent et stable qui respecte les normes internationales et évite l’arbitraire ». Tout le monde a évidemment songé à des nationalisations qui ont pris l’allure d’OPA inamicales en Argentine et au Venezuela.

 

Autrement dit, l’Amérique Latine et les Caraïbes feraient bien de faire attention parce que, compte tenu de l’importance des volumes d’investissements européens, une association solide avec l’UE, plus que jamais demeure la clé du développement, souligne Barroso. "Nous avons besoin d’un engagement politique solide pour freiner le protectionnisme et promouvoir la libéralisation des échanges" poursuit le président de la Commission, qui a rappelé que l’UE "a conclu des accords de libre-échange avec le Mexique, le Chili, la Colombie, le Pérou et l’Amérique Centrale ainsi qu’avec les Caraïbe".

 

L’UE, première économie du monde, et l’Amérique Latine, siège des économies à la croissance la plus rapide, ont un intérêt bien compris à se serrer les coudes, pas uniquement pour des raisons objectives mais aussi en raison de valeurs, culturelles et politiques communes.

 

À l’heure où les relations, même au sein de l’OTAN, avec un pays comme la Turquie, qui se permet de faire veto à un soutien aux opérations contre les "islamistes" du Mali, sans parler des relations hypercomplexes avec les pseudo-alliés du Pakistan, de l’Afghanistan et des pays du Golfe, ce genre de référence subliminale a son importance.