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décembre 2013 

 

 

EGYPTE

  

L'Europe finance la relance économique

 

 

Le 18 décembre dernier, le vice-président de la Banque européenne d’investissement (BEI), Philippe de Fontaine Vive, le vice premier ministre et ministre de la coopération internationale égyptien, Ziad Bahaa Eldin et le président de la Banque nationale d’Egypte, Hesham Okasha,  ont signé à Luxembourg des accords d’un montant total de 392 mns € pour financer la relance économique et sociale.

 

Les accords portent d’une part sur des prêts de 187 mns € pour financer des projets dans le domaine de l’eau, des transports et des PME et, d’autre part, la BEI s’est engagée à investir 205 mns € dans un projet énergétique à déterminer.

 

L’enveloppe de 187 mns couvre un prêt de 57 mns de soutien au "Programme amélioré pour l’Eau et le Service d’évacuation des eaux usées en Haute Égypte". Il comprend la réhabilitation, l’expansion et la pose de canalisations ainsi que la construction de stations de traitement des eaux usées ainsi que le développement des réseaux d’évacuation.

 

L’objectif est d’améliorer la desserte et la qualité de l’approvisionnement en eau dans les gouvernorats de Qena, Sohag, Assiut et Minya afin d’améliorer les conditions de vie et la santé de 15 mns de personnes. Sont également parties prenantes à ce programme : l’Agence française de développement (AFD), la Kreditanstalt für Wiederaufbau (KfW) allemande et la Facilité d’Investissement du Voisinage de l’UE.

 

Un autre prêt de 50 mns € sera affecté à la mise à niveau des services de contrôle aérien du pays moyennant l’installation de nouveaux systèmes de communication, de surveillance et de navigation, tant dans les aéroports nationaux qu’internationaux. Par ailleurs, une ligne de crédits de 80 mns a été ouverte pour permettre à la Banque nationale d’Egypte de financer les PME du secteur productif

 

Enfin, la BEI a annoncé qu’elle allait allouer un prêt de 205 mns € pour la conversion de la centrale électrique de El Shabab en une centrale au gaz à cycle combiné et à l’accroissement jusqu’à 1500 MW de sa capacité de génération. Le projet est cofinancé par le Fonds saoudien et la BERD.

 

Les déboires du président déchu Mohamed Morsi ne semblent donc pas voir beaucoup ému les banquiers de Luxembourg. Il faut dire qu'ils n'ont reçu aucun feu orange (ou rouge) de la part du Conseil de l’UE ou de la Commission européenne pour limiter (ou suspendre) leurs financements à l’Egypte.

 

Et il faut dire aussi que la plupart des chancelleries occidentales sont inquiètes de voir le rapprochement qui s'opère entre Moscou et Le Caire. S'il est, pour l'instant, difficile aux Etats-Unis de rétablir leur aide militaire à l'Egypte, les Européens peuvent arguer qu'ils cherchent, avant tout, à améliorer le quotidien des Égyptiens, sans prendre parti pour un régime plutôt qu'un autre.

 

Or le retour de la fédération de Russie sur la scène du Proche et du Moyen-Orient n'est pas une vue de l'esprit. On sait que la Russie s'est déjà dite prête à fournir à l’Egypte des armements pour une valeur de 2 mds $, afin de palier le gel des livraisons américaines.

 

Et pour le sénateur Mikhaïl Marguelov, président de la Commission pour les affaires internationales du Conseil de la Fédération russe, l'ambition de Moscou va bien au-delà de quelques livraisons : "Aujourd'hui, la Russie est de retour dans une série de régions perdues pendant la période des années 1990. Il s'agit notamment du continent africain et du Proche-Orient. Bien avant le début du printemps arabe, la Russie ne cachait pas ses intérêts dans les régions mentionnées et a procédé à un renforcement de la coopération économique, commerciale, militaire et technique avec les pays de la région".

 

Selon ce diplomate qui s'est beaucoup investi dans les relations entre les nouvelles autorités égyptiennes et Moscou, la Russie va commencer par restaurer son influence historique et économique au Moyen-Orient en renforcer ses liens stratégiques avec la Syrie, l'Egypte, la Libye, Israël, l'Arabie saoudite et la Jordanie.