SAVOIR, PRÉVOIR, ANTICIPER
Au Moyen-Orient, en Afrique,  Asie, Amérique latine

et dans les pays de l'Est
Accès
Abonnés

septembre 2013 

 

 

ANGOLA

 

 A l'assaut des géants mondiaux du diamant

 

 

L'Angola veut améliorer son classement au sein du club restreint des principaux producteurs de diamant de la planète. Arrivé quatrième pour la valeur de sa production, avec un total de 1,11 mds de dollars, derrière le Botswana (2,97 mds), la Russie (2,87 mds) et le Canada (2 mds) ce pays pèse 8,8 % de la production mondiale, ce qui est appréciable mais insuffisant aux yeux des autorités angolaises.

 

En août dernier, le ministre de la Géologie et des Mines, Francisco Queiroz a annoncé son souhait de voir augmenter la production actuelle (8,33 millions de carats) de 5 % par an. Ce chiffre est, du reste, intégré à ceux du Plan national de développement "Angola 2025 ", dont l’un des axes est la diversification de l’économie hors du secteur pétrolier.

 

Pour ce faire, Luanda va promouvoir une plus grande insertion de ses activités diamantifères dans filière mondiale du diamant, ainsi qu’une intensification de la prospection, de l’exploitation, de la commercialisation et de la transformation dans les tailleries nationales. Le but est de se hisser au troisième rang mondial devant le Canada. L’Angola, qui compte quelque 1000 cheminées kimberlitiques, contenant la roche mère du diamant, a bien l'intention de le dépasser.

 

Les autres objectifs de cette stratégie sont d’accroître les contributions fiscales du secteur, de constituer des réserves pour les investissements publics et de contribuer au développement socio-économique des communautés situées dans les zones diamantifères, principalement dans les provinces de Lunda Norte et Lunda Sul.

 

Dans cette optique, la compagnie nationale diamantifère Endiama compte ouvrir, au cours de l’année à venir, quatre nouvelles mines de diamant, dont deux exploitations de sites alluvionnaires et deux exploitations de kimberlites dans les provinces des Lunda, mais aussi dans celle de Malanje. Endiama a d’ailleurs scellé, à cet effet, une alliance stratégique avec le géant russe Alrosa, qui, représente dans le monde du diamant, un géant comparable à Gazprom dans celui des hydrocarbures.

 

Deux signaux importants ont été envoyés au marché. D’une part, Lucapa Diamond Company Ltd, cotée sur l’Australian Securities Exchange et opérateur de la concession de Lulo, qui  occupe 3000 km² (où elle a déjà récupéré un diamant de 131,4 carats) vient de vendre un lot de 496 cts d’une valeur 2,75 millions de dollars : la qualité exceptionnelle de ces pierres (5796 $/carat), dépasse même les valeurs astronomiques atteintes au Lesotho, champion du monde pour la qualité de sa production.  

 

Et plus récemment, la joint-venture Sociedade Mineira de Catoca (SMC) qui assure environ les deux tiers de la production du pays a annoncé sa décision de distribuer la totalité de ses bénéfices de 2012 à ses actionnaires. Autrement dit, Endiama et Alrosa percevront chacun 43,2 mns $, le holding israélien Lev Leviev International obtiendra 23,7 mns $ et le groupe brésilien de la construction Odebrecht se verra verser une somme de 21,6 mns $. De quoi rassurer les investisseurs étrangers…