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et dans les pays de l'Est
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7 novembre 2012 

 

 USA

 

 

Les pays émergents sortent gagnants des présidentielles

 

La reconduction du président Obama devrait lui permettre de poursuivre, voire d'accentuer, sa politique d'ouverture à l'international. Dans ce contexte, les pays émergents sont certainement ceux qui ont le plus à gagner de sa victoire contre Mitt Romney, surtout en matière de stratégie géopolitique, même si, sur le strict plan du commerce international, les enjeux n'étaient pas très différents d'un clan à l'autre.

 

Première gagnante, l'Asie en développement, qui devrait voir se développer une coopération plus intense en matière d'investissement et de partenariat. Avec la Chine, les points de désaccord resteront certainement identiques, y compris à l'issue du Congrès du PCC, mais les voies de la négociation et des compromis seront privilégiés, dans un contexte de détente réciproque. L'Asie du Sud (Inde et Pakistan notamment) devrait aussi profiter d'une tendance à l'apaisement facilitée par une bonne connaissance des dossiers du département et du secrétariat d'Etat. L'Indonésie, comme le reste de l'Asie du Sud-Est, garderont de puissants relais à la Maison Blanche.

 

Il faut s'attendre aussi à une politique plus active - et plus subtile aussi - en Méditerranée et au Moyen-Orient. Même si les USA resteront probablement extrêmement prudents sur la question du conflit israélo-arabe, les points de fixation (Irak, Afghanistan, Iran) devraient s'atténuer au profit d'une meilleure compréhension avec l'ensemble des pays musulmans, dans leur ensemble, et avec les pays arabes en particulier. L'Afrique du Nord devrait être l'objet d'une diplomatie très active de la part du secrétariat d'Etat (Égypte, Libye, Algérie et Maroc).

 

L'Afrique subsaharienne ne sera pas en première ligne, mais la présence US devrait s'intensifier, comme on pourra probablement le constater dans le règlement de la question malienne.

 

Avec la Russie, le président Obama devrait aussi avoir les mains plus libres pour reprendre sa politique de désarmement nucléaire qui est restée bloquée dans les deux dernières années.

 

Curieusement, c'est en Amérique latine que les attentes paraissent les moins évidentes, même si les latino-américains dans leur ensemble ont massivement "choisi" Obama contre Romney. Ils font néanmoins partie des déçus de la fin du premier mandat, car ils attendaient beaucoup, voire trop, de l'élection de 2008.

 

C'est pourtant sur ce sous-continent que les dossiers cruciaux, notamment Cuba, ont le plus avancé. Il y a là comme une déformation due au timing des évolutions réciproques. Tandis que les États latino-américains renforçaient, à grande vitesse, leur cohésion politique, les Etats-Unis donnaient l'impression de piétiner, alors qu'en fait le rapprochement des points de vue n'a cessé de s'améliorer durant le premier mandat du président Obama. La question de la gestion des narcotrafics reste centrale, mais elle n'est plus placée sur le seul plan du tout sécuritaire.

 

Ce deuxième mandat devrait, en définitive, être l'occasion, pour Obama, de montrer si il mérite, ou non, vraiment son Nobel de la paix. Et c'est dans les pays émergents qu'il devrait pouvoir en faire la démonstration la plus probante.