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décembre 2012 

 

 

MAROC-BEI (suite)

Du solaire aux autoroutes, des financements records

 

Au cours d’un récent séjour au Maroc, fin novembre, le vice-président de la Banque européenne d’investissement, Philippe de Fontaine Vive, a confirmé l’engagement de la banque, chef de file des institutions financières européennes, à financer la construction de la centrale solaire de Ouarzazate, dans le sud du Maroc. Ce prêt et ceux signés le 14 décembre, viennent clôturer une année où la BEI aura accordé un montant record (€ 1 md) de crédits au Royaume.

 

Dans un premier temps, cette centrale solaire produira jusqu'à 160 MW d'électricité par an, mais une fois le projet pleinement opérationnel, cette capacité pourrait être quadruplée, de quoi alimenter une ville de 250 000 habitants.

 

Le projet de Ouarzazate bénéficie du soutien d'un consortium d'investisseurs publics européens qui se sont engagés à hauteur de 345 mns €, ce qui représente plus de la moitié du coût de la première phase de l'opération. La contribution de la BEI s’élève à 100 mns € mais ce chiffre est appelé à tripler à mesure de la réalisation du projet.

 

Les autres bailleurs de fonds européens sont la Commission européenne, qui apporte une subvention de 30 mns €, l’Agence française de développement (AFD) qui finance le projet à hauteur de 100 mns €, la Kreditanstalt für Wiederaufbau (KfW) allemande et le ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement dont la contribution est aussi de 100 mns €. Enfin, le ministère fédéral allemand de l’environnement, de la protection de la nature et de la sûreté nucléaire (BMU) apporte une contribution de 15 mns €.

 

La centrale de Ouarzazate mettra en œuvre une technologie de capteurs cylindro-paraboliques à concentration. La lumière du soleil concentrée par les miroirs est ensuite convertie en chaleur pour actionner une turbine raccordée à un générateur d'électricité. Ce complexe sera l'un des plus grands au monde. Pour le Maroc, il sera vecteur d'énergie renouvelable et de sûreté d'approvisionnement énergétique.

 

Il contribuera également à créer des emplois et à promouvoir le développement d'une filière solaire locale intégrée. Rien que pendant la première phase d'exploitation (d'ici à 2015), il induira une réduction des émissions de dioxyde de carbone de 110 000 tonnes par an. Il s'agit du premier projet réalisé dans le cadre du "Plan solaire marocain", ainsi que de la plus grande opération mise en œuvre au titre du "Plan solaire méditerranéen" dont l’objectif est de créer une capacité supplémentaire d’énergie renouvelable d’environ 20 GW d’ici à 2020.

 

 

Un milliard d’investissements publics européens en 2012

 

En définitive, l’année 2012 a été une année record pour le partenariat entre la Banque européenne d’investissement et le Maroc, avec près d’un milliard € de nouveaux financements nouveaux. Plus d’une dizaine de projets d’envergure ont ainsi pu être financés dans les domaines des infrastructures de transport avec, notamment, l’extension des routes rurales, l’industrie, l’agriculture, l’innovation technologique et l’énergie solaire avec le financement de la centrale solaire à concentration d’Ouarzazate.

 

Cette montée en puissance fait suite à la décision en 2011 du Conseil d’Administration de la BEI d’accélérer son soutien aux pays méditerranéens partenaires. Cela s’était traduit au Maroc par l’approbation en 2011 d’un montant total de € 734 mns de nouveaux financements.

 

L’action de la BEI au Maroc en 2012 s'est achevée avec la signature de trois derniers projets, relatifs à l’extension du réseau routier, la sureté et l’approvisionnement énergétique, le traitement et la collecte des eaux usées, parafés le 14 décembre 2012 à Rabat par Nizar Baraka, ministre de l’Économie et des Finances, son collègue de l’Énergie Fouad Douiri, Abdelaziz Rabbah, son collègue de l’Équipement et des Transports et Philippe de Fontaine Vive, vice-président de la BEI.

On en attend un impact important, tant en termes de croissance et de création d’emplois que de cohésion sociale.

 

Le premier projet est la construction d’une nouvelle autoroute de 142 km entre El Jadida et Safi qui fait l’objet d’un prêt de 240 mns € aux Autoroutes du Maroc (ADM). Cette nouvelle autoroute constituera un maillon essentiel  du réseau autoroutier national. En reliant la région de Doukkalah-Abda aux autres régions limitrophes, elle assurera une meilleure desserte logistique des plates-formes industrielles des ports de Safi et El Jadida, tout en améliorant l’accessibilité des villes d’Essaouira et Agadir. Le nouveau tronçon autoroutier va permettre aux usagers de gagner 50 % du temps actuel nécessaire au trajet. Ce financement confirme l’engagement de la BEI en faveur de la modernisation des infrastructures de transport : depuis 2002, près de 3 milliards € d’investissements ont été consacrés aux transports routiers, maritime et ferroviaire en Méditerranée. Au Maroc, la BEI a consacré depuis 2002 plus d’1 milliard € pour la construction de 9 649 km d’autoroutes et de routes rurales.

 

La BEI a également approuvé un prêt de 180 M €, pour financer la phase 3 du programme d’extension des réseaux électriques du Maroc, couvrant la période 2012-2015.  Il s’agit de répondre à l’augmentation rapide de la demande, tout en améliorant la fiabilité du réseau et en réduisant les pertes. Cet objectif se concrétisera par l’intégration de nouvelles unités de production dans le réseau, y compris les énergies renouvelables, la construction et la modernisation de quelque 1 300 km de lignes aériennes, l’installation de 6 400 MVA (mégavolts ampères) de capacité de transformation et 150 baies de sous-stations.

 

Enfin, la BEI va débourser 20 mns € pour accompagner la première phase du Programme National d’Assainissement (PNA) du Maroc, dont les objectifs sont l’installation, la réhabilitation et l’extension des réseaux actuels de collecte des eaux usées. Il permettra également la construction de nouvelles stations de traitement (STEP) au sein de 27 villes du Maroc, de 5000 à 80 000 habitants.